Depuis des années, des écologistes, des scientifiques, des gens d’affaires, des citoyennes et citoyens affirment que le Québec possède l’un des meilleurs potentiels au monde pour développer de façon accélérée ses énergies vertes.
Il y a de cela presque 15 ans, le débat public sur l’énergie, alors présidé par Alban D’Amours, en était lui-même venu à ces conclusions : les économies d’énergie, l’efficacité énergétique, l’énergie éolienne, solaire, géothermique et autres étaient vues comme la direction que le Québec devait prendre.
Et pourtant...
Et pourtant le gouvernement du Québec d’alors, sous la direction de Lucien Bouchard, n’a pas suivi ces recommandations. Au contraire, appuyé par André Caillé, nouveau président d’Hydro-Québec, le Québec s’est détourné des énergies vertes. Combien de gens savent que le projet du Suroît était initialement un projet éolien ? Quelle étrange coïncidence que M. Caillé, ancien président de Gaz Métropolitain, le transforme en projet gazier !
De tels exemples recommencent alors à s’accumuler :
du Suroît, nous passerons ainsi à la centrale au gaz naturel de Bécancour qui s’avère être un désastre écologique et économique ;
au projet d’importation de gaz Rabaska qui nous rendra dépendant de la Russie ;
au projet Cacouna, du même acabit ;
à la décision unilatérale du gouvernement de réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2 - pourtant lors du BAPE de 2005, il avait été conclu que cette réfection devait faire l’objet d’un débat de société ;
au développement éolien que l’on cède à des entreprises étrangères.
...
La liste ne cesse de s’allonger.
Pendant ce temps, tous ceux et celles qui veulent développer les énergies vertes n’ont aucun appui et se font même mettre des bâtons dans les roues. Le développement du transport électrique, qui devrait être une des forces du Québec, fait du surplace. À titre d’exemple récent, la semaine dernière, s’est faite une annonce incroyable...
Après « Who killed the electric car ? », qui appuie les gazières ?
Le documentaire « Who killed the electric car ? » a été récemment diffusé à la télévision. Celui-ci présente l’impact des pressions des manufacturiers automobiles et du lobby fossile pour tuer le développement des autos plus vertes. Aidés par le gouvernement Bush, ces lobbys ont poursuivi le gouvernement californien qui voulait forcer les constructeurs à offrir des véhicules électriques suite au succès de la voiture EV-1.
Pour faire passer la pilule auprès du public, la Maison Blanche a annoncé en grandes pompes des subvention aux véhicules à hydrogène. Hydrogène qui serait évidemment fourni par le lobby fossile et fabriqué à partir du gaz naturel. Bref, une mascarade de solution verte.
Et au Québec ?
La semaine dernière, nous avons eu droit à la version québécoise de cette mascarade. Pendant que le gouvernement prétendait vouloir faire du Québec un leader mondial du transport électrique, MM. Béchard et Charest annonçaient qu’ils appuyaient à coups de millions un projet pilote de véhicules à l’hydrogène pour l’aéroport Trudeau. Évidemment, cet hydrogène sera fabriqué à partir de gaz naturel et fourni par une compagnie étrangère, Air Liquide.
Pendant ce temps, le développement du transport électrique vivote.
Conclusion
Comme il semble évident que le gouvernement fédéral se moque de l’environnement, celui du Québec va d’incohérences en décisions injustifiées. Et comme Hydro-Québec ne fait plus preuve de vision, le mouvement citoyen « Maîtres chez nous - 21e siècle » a l’intention de rappeler aux gens du Québec :
Que le projet « Maîtres chez nous » de Jean Lesage et René Lévesque de nationalisation de l’électricité de 1962 - dont le but était que les Québécois prennent le contrôle de leur économie via contrôle de leur énergie - avait été réalisé grâce à une élection référendaire. Pourtant, nous revenons sur cette décision historique en re-privatisant et en redonnant le contrôle de nos ressources énergétiques à des entreprises privées, souvent étrangères. C’est très sérieux.
Que nous pouvons devenir le leader nord-américain du développement des énergies vertes. Actuellement, le gouvernement et Hydro-Québec ne vont pas en ce sens.
Que les régions pourraient se développer grâce au potentiel extraordinaire qu’elles possèdent. On parle ici d’emplois ne pouvant être délocalisés !
Que seul un mouvement massif des citoyennes et citoyens pourra vaincre les lobbys fossiles et les groupes d’intérêt qui veulent nous en empêcher, comme cela s’est passé en 1962.
Cette tournée historique a le potentiel de créer pour le Québec un projet de société inspirant pour l’économie, les générations futures et l’avenir de la planète. Mais ce projet ne verra le jour que si nous nous y engageons ensemble. Bien des gens comptent sur l’inertie populaire pour maintenir le statu quo.
Prouvons-leur ensemble que nous en avons l’énergie.